Taux de change : qui le détermine et comment ? FAQ économie

Homme d'affaires en costume regardant un graphique de devises

Un dollar américain n’a jamais coûté exactement le même montant en euros deux jours de suite, même lorsque les marchés semblent calmes. Malgré la présence de banques centrales, aucune autorité ne fixe durablement la valeur d’une devise face à une autre. Les variations s’observent chaque seconde, sous l’effet d’opérations financières, de décisions politiques ou de simples anticipations.

Certains pays choisissent de lier strictement leur monnaie à une autre, tandis que d’autres laissent la valeur osciller librement sur les marchés. Des mécanismes précis, souvent méconnus, encadrent ces choix et modélisent les équilibres monétaires internationaux.

Taux de change : définition et rôle dans l’économie mondiale

Le taux de change n’est pas une abstraction réservée aux salles de marché : il s’agit tout simplement du prix d’une monnaie exprimé dans une autre. Que ce soit pour acheter un dollar américain (USD) avec des euros (EUR), régler une facture en yens (JPY) ou transférer des livres sterling (GBP) vers une filiale étrangère, tout passe par cette valeur de référence. Sur le marché des changes (Forex), ce taux fluctue en permanence, dicté par l’offre et la demande, la solidité économique du pays et la confiance accordée par les investisseurs.

Voici les notions clés à connaître pour comprendre la mécanique du taux de change :

  • Cours : il s’agit de la valeur d’échange d’une devise contre une autre (par exemple, euro/dollar).
  • Bid et Ask : ces termes désignent les prix auxquels on peut vendre ou acheter une devise ; la différence entre les deux constitue le spread.
  • Frais de change : ce sont les commissions prélevées par les banques ou les bureaux de change (comme Ouest Change Évreux ou APS Change & Or), qui viennent minorer le montant que vous touchez réellement.

Le taux de change façonne les échanges mondiaux. Il pèse sur le commerce extérieur, influence la compétitivité des entreprises exportatrices, conditionne le pouvoir d’achat des ménages, des touristes ou des investisseurs. Une hausse de la monnaie nationale avantagera les importations ; une baisse stimulera les exportations. À chaque variation du cours, ce sont les prix des biens importés, l’inflation et la balance commerciale qui bougent. Les multinationales comme les particuliers sont parties prenantes de ce jeu d’équilibre, où chaque soubresaut de l’euro ou du dollar redessine la carte des rapports économiques.

Quels sont les différents régimes de change et comment fonctionnent-ils ?

Le régime de change désigne la méthode par laquelle le taux de change d’une monnaie s’établit face aux autres devises. Deux grandes logiques dominent aujourd’hui : le régime de change fixe et le régime de change flottant.

Dans un régime de change fixe, le gouvernement ou la banque centrale décide d’attacher la valeur de la monnaie nationale à une autre devise majeure (comme le dollar ou l’euro), ou à un panier de devises. Pour tenir cet objectif, la banque centrale intervient régulièrement, achetant ou vendant des devises pour maintenir le taux prédéfini. Ce système crée de la stabilité, mais restreint la liberté d’action en matière de politique monétaire. On peut citer la zone franc en Afrique ou l’ancien Système Monétaire Européen pour l’illustrer.

Le régime de change flottant, à l’inverse, laisse le marché décider. C’est l’offre et la demande de devises sur le marché des changes (Forex) qui fixent la valeur, selon les mouvements commerciaux, les flux financiers ou les anticipations des acteurs. L’euro, le dollar américain, le yen ou la livre sterling évoluent dans ce système. La BCE publie chaque jour des taux de référence, mais n’ajuste pas automatiquement les fluctuations du marché.

Entre ces deux modèles, certains pays optent pour des formules intermédiaires, dites régimes hybrides ou à « flottement administré » : la monnaie évolue dans des marges définies, sous la surveillance active de la banque centrale. Ce choix vise à amortir les chocs et à conserver une certaine flexibilité pour réagir face aux aléas extérieurs.

Facteurs clés qui influencent la variation des taux de change

Sur le marché des changes, la valeur d’une devise se construit, fluctue, s’ajuste chaque jour. Plusieurs leviers entrent en jeu, mêlant décisions économiques et réactions en chaîne. La politique monétaire menée par la banque centrale occupe un rôle déterminant : une hausse des taux d’intérêt attire les capitaux étrangers à la recherche de rendement, ce qui soutient la monnaie nationale. À l’inverse, des taux plus faibles peuvent la fragiliser.

Voici les autres paramètres essentiels qui interviennent dans la formation du taux de change :

  • Inflation : Une inflation supérieure à celle des partenaires commerciaux érode la valeur de la monnaie et réduit son attractivité.
  • Balance commerciale : Un pays dont les exportations dépassent les importations voit sa monnaie portée par la demande internationale.
  • Stabilité politique : L’instabilité, les incertitudes institutionnelles ou les crises politiques déstabilisent la confiance et provoquent des sorties de capitaux.
  • Dette : Un niveau de dette publique jugé préoccupant peut faire douter de la solvabilité du pays et affaiblir sa monnaie.
  • Spéculation : L’intervention des spéculateurs amplifie la volatilité en misant sur les mouvements de marché, parfois de façon spectaculaire.

La conjoncture économique, croissance, chômage, PIB, façonne aussi les perspectives. Les décisions du G20 ou d’autres acteurs institutionnels majeurs peuvent redéfinir les attentes. Finalement, le taux de change incarne bien plus que le prix d’une monnaie : il traduit l’opinion collective mondiale sur la santé et la stabilité d’une économie.

Jeune femme vérifiant le taux de change à l

Banques centrales et marchés financiers : qui pilote vraiment les taux de change ?

Le marché des changes ne ferme jamais : il tourne sans interruption, animé par une diversité d’acteurs : banques centrales, institutions financières, grands groupes, particuliers. Les banques centrales disposent de leviers puissants : elles peuvent ajuster les taux d’intérêt, intervenir directement via des achats ou ventes massifs de devises, ou encore modifier leur politique monétaire pour peser sur la valeur de leur monnaie. Ces interventions servent à préserver la stabilité ou défendre la compétitivité nationale.

Mais le Forex ne se résume pas aux décisions publiques. Les institutions financières, grandes banques, fonds d’investissement, mobilisent des montants colossaux, capables de déplacer un cours en un instant. Les multinationales, soucieuses de limiter leur exposition aux risques de change, interviennent elles aussi de façon massive. Et, désormais, les particuliers accèdent au marché via des plateformes en ligne, contribuant à l’ajustement continu des prix des devises.

La banque centrale européenne publie chaque jour des taux de référence pour l’euro. Pourtant, c’est bien sur le marché que le véritable arbitrage s’opère, par confrontation directe entre vendeurs et acheteurs. Les autorités publiques peuvent surveiller l’évolution ou tenter de limiter les dérapages jugés excessifs, mais face à la puissance des flux financiers mondiaux, leur marge d’action reste modeste. À chaque minute, l’équilibre se tisse entre stratégies collectives et réactions individuelles, et c’est là que se joue, sous nos yeux, le prix des monnaies.